
LA CHAMBRE
la chambre était un peu chère mais tant pis,
je n'ai plus la force de chercher autre chose. 105 marches! C'est ce que j'ai du monter pour l'atteindre, j'ai cru me trouver dans un phare, mais non ce n'est qu'un vieil hôtel miteux qui semble ne jamais avoir quitté les années cinquante. Ça a son charme ! Puis la vue est splendide d'ici, je surplombe les toits et les cheminées.
Il neige aujourd'hui! tout comme il neige depuis un mois environ. J'ai toujours adoré la neige mais là je crois bien que mon coeur en est gelé. Cassant comme de la glace!
Tant qu'il ne fond pas...
Je n'ai aucune idée de ce que je vais faire ici, depuis Lily, je n'est plus envie de rien.
Dans le temps je fabriquais des marionnettes, mais faire danser des pantins j'en ai ma claque!
Dans le temps c'était il y a deux mois encore. Mais je crois que j'avais choisi la facilité, je n’ai jamais voulu me l'avouer mais je n'ai jamais vraiment désiré faire des marionnettes , ce qui me plaisait par dessus tout c'était leur jouer du violon et leur raconter des histoires.
Quand je joue du violon, je n'ai plus à me soucier de rien, c'est comme si j'étais moi-même un pantin et que seule la vibration d'un archet sur les cordes qui me tiennent, pouvait me propulser d'avant en arrière, déclenchant le mécanisme de mon coeur, battant à son rythme ; jusqu'à que les vibrations soient telles que mon corps de bois s'élève et s'envole toujours de plus en plus à l'est. Mais voilà, je n'est jamais eu la force et la confiance nécessaire pour faire de la musique ma vie, puis être artiste aujourd'hui cela ne veux plus rien dire! Mieux vaut faire des pantins, au moins, eux, ils n'ont pas à se préoccuper de ce qu'ils doivent faire ; parfois j'aimerais qu'on agite mes ficelles et ne plus avoir qu'à me laisser porter. La facilité.
Il se passe des choses étranges ici; ces derniers
événements m'inspirent. Cela fait maintenant trois jours que je suis ici, après avoir rodé inlassablement dans ma chambre sans savoir que faire, je me suis assis à ma table devant un vieux cahier et je me suis mis à écrire. Je trouve ce lieu vraiment bizarre; j'ai l'impression ne pas être dans la réalité, mais dans une dimension fantastique.
Hier alors que je rentrais chez moi, la portes de mon couloir, qui jusqu'ici m'intriguait car elle était verrouillé par par plusieurs cadenas comme si elle cachait un terrible secret, étaient entrouverte, une puanteur insoutenable s'y dégageait et envahissait tout le couloir. Je décidais d'aller voir, la peur au ventre mais mon courage bien serré entre mes deux mains. Derrière cette porte se trouvait une toute petite pièce sans fenêtre, où le temps semblait s'être arrêté : un repas prêt, décomposé, disposé sur une plaque électrique, une assiette et des couverts posés sur une petite table, un lit défait, un tas d'objets de poubelle divers et variés étalés sur le sol. Quelqu'un semble y être partit dans la précipitation sans avoir eu le temps de faire ses valises, peut-être lui manquait-il un ustensile ou ingrédient pour faire son repas, peut être était-il allé le chercher chez son voisin, ou était-il allé l'acheter, un jour comme les autres ? Ce qui est sûr c'est qu'il n'est jamais revenu, peut-être qu'il s'est fait enlever, ou peut-être est-il mort... ? En tout cas cela stimule mon imagination, et d'innombrables histoires trottinent dans ma tête.
J'écris, je ne m'arrête plus d'écrire, sur mon vieux cahier j'écris.
Je transforme la réalité, mon imagination se créait autour du moindre détail.
L'immeuble se transforme en phare, les toits des maisons qui se trouvent sous la fenêtre se transforment en vague. Ma bouilloire siffle, ça ressemble à un bruit de fantôme, et là l'homme qui habitait la pièce du couloir se met à hanter ma chambre, au plus haut du phare. L'abat-jour de ma lampe sur lequel est découpé d'innombrables étoiles, les projète de part et d'autre de ma chambre et soudain je me retrouve au beau milieu d'une nuit d'été, grouillant d'étoiles filantes. Le tic-tac de la minuterie de mon four devient mon coeur qui bat.
Le lendemain matin, je n'étais plus dans la chambre de l'immeuble, tout le monde aurait pu me chercher, dans l'immeuble, la ville, le pays, le monde.
Mais je n'étais plus là.
La sonnerie de la minuterie de mon four avait sonné, mon coeur avait cesser de battre
je m'étais noyé.

Tes textes sont toujours trés beau, et plein de sensibilité (comme lazuli , qui est dans les mêmes veines que les contes de Burton ou de Malzieu!) ! Je t'encourage vivement à recommencer, pour que cette écriture puisse apporter encore un plus à tes peintures et photos qui sont déja trés bien!
RépondreSupprimerBizous clarinetil!
Theo
L'appart était plutôt sordide, mais la dernière photo est belle. Le poème lui est très beau. Fais attention avec le micro-ondes !
RépondreSupprimertes photos sont biens elles se raprochent bcp au travail que font un couple qui se nomme les RICHTER ils photographient bcp les lieux en locurence abandonnés mais celle que j aime bien c'est la dernière comme diré mon prof de photos "sa c'est de la photo d'artiste" continue comme sa et j'ai hate de voir plus!!!
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